Les cinéastes
Les réalisateurs : Yuval Abraham et Rachel Szor
Deux journalistes et cinéastes israéliens qui ont choisi de documenter ce que leur propre État fait aux Palestiniens, et qui sont aujourd’hui menacés de déchéance de nationalité pour cela.
Yuval Abraham
Yuval Abraham est un journaliste d’investigation, cinéaste et traducteur arabe-hébreu israélien, né à Beersheba. Affecté au corps du renseignement de l’armée à 19 ans, il a refusé de servir après une semaine de formation. Il a appris l’arabe, rencontré des Palestiniens en Cisjordanie et séjourné chez des familles pendant la démolition de leurs maisons.
Il a cofondé Across the Wall, un projet de traduction en hébreu de récits de Palestiniens de Gaza, avec le journaliste Ahmed Alnaouq. Le projet s’est arrêté en novembre 2023, après la mort de 23 membres de la famille d’Alnaouq dans des bombardements israéliens.
Journaliste pour +972 Magazine et Local Call, il a révélé en 2024 le système de ciblage par IA appelé Lavender. En 2024, il a reçu le prix Emil Grunzweig des droits humains.
Rachel Szor
Rachel Szor est une cinéaste, directrice de la photographie, monteuse et journaliste d’investigation israélienne, née à Tel-Aviv. Elle a été directrice de la photographie et coréalisatrice de No Other Land, et a coécrit, coréalisé et filmé NAZA avec Abraham.
No Other Land
Avec les militants palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal, Abraham et Szor ont filmé pendant cinq ans la destruction de Masafer Yatta, en Cisjordanie occupée. No Other Land a remporté le Prix du documentaire de la Berlinale et le Prix du public Panorama en 2024, puis l’Oscar du meilleur long métrage documentaire en 2025.
NAZA, et le retour de bâton
Après la première de NAZA à Venise, le ministre israélien de la Culture a réclamé la déchéance de nationalité des réalisateurs pour « trahison ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié le film de partie d’une « incitation antisémite mondiale » et annoncé des lois pour déchoir de leur nationalité les Israéliens qui « diffament » les soldats à l’étranger. Des manifestants ont encerclé la maison des parents de Rachel Szor en appelant à « exécuter les traîtres ».
Plus d’un millier de cinéastes israéliens, dont Ari Folman, ont signé une pétition de soutien. Plus de 40 organisations israéliennes de défense des droits humains et de la paix, parmi lesquelles B’Tselem, Breaking the Silence, Peace Now et Adalah, ont appelé les autorités à faire cesser l’incitation. L’International Documentary Association a exhorté le gouvernement israélien à retirer ses menaces.